Dysfonctions des articulations temporo-mandibulaires

   Les dysfonctions des articulations temporo-mandibulaires touchent de plus en plus de personnes de nos jours avec une prévalence plus élevée chez les femmes entre 35 et 45 ans. La symptomatologie varie du simple claquement aux douleurs et au blocage de la mâchoire.

Ces dysfonctions peuvent être d’ordre musculaire type contracture de protection ou articulaire telle que la luxation discale réductible ou irréductible, la luxation condylienne, arthrose, etc

Etiopathogénie :

Différents facteurs sont à l’origine de ces troubles des ATM :

·         Des traumatismes directs ou indirects, des soins dentaires type orthodontie, le bruxisme, etc

·         Des facteurs anatomiques squelettiques tels qu’une pente articulaire élevée qui augmenterait les contraintes et les frictions des ATM, un déséquilibre postural, etc

·         Des facteurs occlusaux et dentaires (malocclusions pathogène ou iatrogène)

·         Des facteurs systémiques peuvent aussi être impliqués. Par exemple certains traitements médicamenteux à long terme tels que les antagonistes calciques spécifiques, les β-bloquants, certaines maladies infectieuses (VIH, herpès), etc

·         Des facteurs psycho-sociaux comme le stress

Examen clinique :

Le diagnostic se fait grâce à un examen clinique complet :

L’anamnèse est une étape primordiale pour mieux comprendre l’installation de la pathologie et prendre en considération les antécédents du patient.

Un examen extra oral statique et dynamique incluant l’analyse des tissus mous ainsi que la trajectoire mandibulaire et l’ouverture buccale (JT3D), l’évaluation des bruits articulaires (JVA) ainsi que l’examen musculaire (BioEMG/ Teethan) est essentiel pour identifier l’origine du trouble.

Un examen dentaire et occlusal détaillé est indispensable pour définir les dents causales ou les problèmes à l’origine de certains troubles. L’analyse numérique de l’occlusion dentaire avec un système tel que le T-Scan, en statique et en dynamique évalue avec précision la répartition des contacts occlusaux, leur intensité ainsi que leur chronologie afin de détecter les interférences, prématurités et surocclusions qui peuvent être nocives et responsables de déviation et de compression articulaire.

Un examen radiologique panoramique, scanner ou IRM dans le cas d’un déplacement du ménisque peuvent être demandés.

Traitement :

Différentes modalités de traitement sont possibles :

·         Traitements médicamenteux : myorelaxant, AINS

·         Kinésithérapie et rééducation (collaboration avec kinésithérapeute et ostéopathe)

·         Traitement comportemental (relaxation musculaire (Quadratens), éducation du patient)

·         Traitement par gouttière pour diminuer la pression articulaire

·         Et si le cas le nécessite indépendamment de la DTM, une restauration prothétique ou orthodontique peuvent être envisagés.

   La prise en charge des DTM est généralement multidisciplinaire. A la suite d’un diagnostic précis, effectué grâce aux différents systèmes d’analyse numérique de l’occlusion disponibles et un plan de traitement bien élaboré, le dentiste pourra traiter les patients en collaboration avec un kinésithérapeute et/ou ostéopathe et si nécessaire, l’adresser à un spécialiste en occlusodontie.
Dans cet article vous trouverez un protocole simple pour l'utilisation de ces systèmes pour l'analyse de l'occlusion.
https://www.mescan.com/articles/occlusion-biomecanique-atm/analyse-numerique-de-locclusion-et-pratique-clinique

Références :

-      GOUDOT P, troubles fonctionnels de l’articulation temporo-mandibulaire, Les entretiens de Bichat, 2011

-      Internat en Odontologie, Odontologie conservatrice et endodontie, Odon,tologie Prothétique , Maloine 2019.

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